Lieux d’intervention

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Sourires d’Enfants est intervenu de 1996 à 2012 dans des zones rurales très pauvres et extrêmement reculées du Vietnam.

Après avoir travaillé sur les hauts plateaux du Centre du Vietnam pendant 6 ans, dans les provinces de Kontum et de Gialai auprès de la minorité Joraï, l’association SDE s’est ensuite déplacée  au nord du Vietnam, dans les zones montagneuses à l’ouest de Hanoi, la capitale, et plus spécifiquement dans  la province de Phu Tho auprès des minorités Muong, H’Mong et Dao.

Pourquoi d’abord le Viêtnam

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Durant les cinquante dernières années, le Viêt Nam est l’un des pays ayant connu la plus sombre actualité mondiale où se sont succédées de nombreuses guerres. Un régime communiste s’est installé, mais, par la suite, un plan d’ouverture économique a été lancé en 1986, le Doi Moi, qui a eu, pour principale réforme, de redistribuer les terres aux habitants.

C’est donc dans un pays, récemment ruiné et dévasté, aujourd’hui en pleine reconstruction et en réelle émergence économique, que de très grandes inégalités économiques et sociales se sont créées. L’écart se creuse plus particulièrement entre les grandes villes et les zones rurales et montagneuses. Le Viêt Nam, dont les zones montagneuses représentent plus de la moitié du pays, est touché sensiblement par les problèmes liés à la surpopulation.

Ces zones sont très majoritairement peuplées de minorités ethniques, telles que les Muong, les Dao, les H’Mong, les Lu, les Phu La, les Thai, les Banhar, les Ede, les Joraï … Le seuil de pauvreté au Vietnam était encore récemment de 5 euros par personne et par mois, les ethnies minoritaires vivent bien en dessous de ce niveau. Celles-ci habitent des villages très isolés dans les montagnes. Ce sont des paysans très pauvres qui vivent de leurs petits lopins de terre (moins de 0,5 ha par famille) et d’élevage pour les plus aisés.  La plupart d’entre eux n’ont pas une récolte suffisante pour subvenir à leurs besoins alimentaires durant toute l’année et sont obligés d’acheter le riz, nourriture de base.

La vie dans ces campagnes est très difficile. L’accès aux différents services publics rendu  impossible de par le relief, les conditions climatiques (chemins non aménagés, absence de ponts, inondations, crues des rivières) et le manque de moyens de locomotion (vélo, mobylette) est un problème majeur pour ces populations. Ainsi l’accès à l’école ou au Centre de Santé de la commune est souvent un véritable défi.

Pour bien comprendre la problématique de leur situation socio-économique et de leur avenir, il semble important de rappeler que les minorités ethniques, vivant traditionnellement sur des zones montagneuses, bénéficient de terres beaucoup moins fertiles que la population de plaine ou de delta. Lors de la redistribution des terres en 1986, certes, ces populations ont reçu un lopin de terre de superficie égale à tout citoyen vietnamien, mais dont les bénéfices tirés de l’exploitation agricole sont bien différents (terres moins fertiles sur les contreforts des montagnes). De plus, ces parcelles doivent aujourd’hui être partagées au sein des familles car les enfants sont en âge de fonder leurs propres foyers. La surface des terres est donc insuffisante et ces populations, spécifiquement les jeunes couples, ne s’autosuffisent pas alimentairement. Instauré par le gouvernement et interdisant aux parents d’avoir plus de deux enfants, le planning familial n’a pas été appliqué aux minorités ethniques. Les difficultés liées à la surpopulation, de ce fait, sont plus présentes au sein des minorités, alors que ces dernières ont des terres moins fertiles et plus difficilement exploitables.

Malgré les efforts du gouvernement, le développement des zones rurales est très difficile à mettre en œuvre par :

  • manque d’accès à l’éducation
  • peu ou pas d’accès aux soins
  • les infrastructures sont inexistantes, seuls les grands axes routiers sont goudronnés et les routes sont toujours en réparation à cause des conditions climatiques
  • les moyens de transports des villageois sont la marche à pied et quelquefois un vélo pour toute la famille
  • les conditions d’hygiène sont catastrophiques : de nombreux villages n’ont ni latrines, ni eau potable, ni électricité

Les minorités ethniques sont donc, pour la plupart, dans une situation d’appauvrissement qui entraîne indéniablement une exclusion sociale. Les jeunes ayant reçu peu de terres sont les plus durement touchés par ces phénomènes. L’économie et le développement urbain avancent à une telle vitesse qu’ils délaissent naturellement les plus démunis. Ce fossé grandissant est très inquiétant pour l’avenir du pays, son unité, et l’intégration des minorités ethniques au système vietnamien semble de plus en plus complexe, tant les différences augmentent.